Avant l'hôtel
Le village d’Huez existait déjà au Moyen Âge. À travers les siècles, les gens vivaient de culture et d’élevage de bétail. Au XVIIIe siècle vint le temps du colportage, où les habitants partaient l’hiver faire commerce ; chaque commune avait sa spécialité, pour Huez c’étaient les lunettes.
Le développement du tourisme et le début des sports d’hiver ont tout changé dans la première partie du XXe siècle. Les bâtiments existant sur l’alpage d’Huez étaient regroupés dans ce que l’on nomme aujourd’hui le Vieil Alpe, en contrebas de l’office du tourisme. Ces granges étaient occupées l’été lorsque les paysans d’Huez « emmontagnaient » sur l’alpage. Une seule grange se trouvait à part, bien plus haut sur le plateau.
Des débuts du ski à l'achat du chalet
1923 — À l’emplacement de l’hôtel actuel, cette grange était connue sous le nom de grange Giraud, ou chalet du Cognet du nom du lieu-dit. Le Touring Club de France loue alors la bâtisse, propriété d’un dénommé Félicien Bory, homonyme des actuels propriétaires. Le but est d’accueillir les quelques skieurs qui commencent à fréquenter la montagne, principalement des Grenoblois et des Lyonnais pratiquant le ski de randonnée ; la destination principale était la montée au lac Blanc, à l’arrivée actuelle du DMC à 2 700 mètres.
1928 — Le Touring Club de France achète la propriété. Le gardien est un étudiant en médecine ayant besoin de grand air, mais la solitude due à la faible fréquentation lui fait rendre les clés.
1930 — Le représentant local du TCF est le docteur Faure, maire et conseiller général de Bourg d’Oisans. Il propose à Maurice Rajon, grand-père du propriétaire actuel, de tenir le chalet du TCF. Ce dernier, après avoir tenu en 1921 la cantine de la mine d’anthracite de l’Herpie à 2 300 mètres au-dessus de l’Altiport, avait acheté le café du Château à Vizille.
1931 — Après un premier hiver, Maurice Rajon entreprend avec l’accord du TCF d’importants travaux de modernisation : maçonnerie, charpente pour la construction de deux dortoirs de 20 lits et trois chambrettes, captage de la source de Font Pouillon sur l’actuelle piste du premier tronçon, et évacuation des eaux usées.
1933 — Installation de l’électricité. Cette même année, Maurice construit au-dessus du Vieil Alpe un hôtel neuf, « Bel Alpe ». Pour l’hiver 1933-1934, il donne en gérance le « Cognet » à un cousin d’Allemont, Clovis Chanoux : c’est lui qui baptise le refuge « Hôtel Le Dôme », en référence au Dôme des Rousses, arrivée actuelle du téléphérique de Vaujany.
1935 — Achat du chalet et de la propriété du Touring Club de France par Maurice Rajon. Les deux premiers téléskis voient le jour, le Lac Blanc et l’Éclose, sur lequel travaille un jeune ingénieur nommé Pomagalski, créateur de l’entreprise mondialement connue.
Les gérances et les reconstructions
1942 — La gérance, à la suite de Clovis Chanoux, est donnée à deux couples d’Huez : Emma et Féréol Sarret, et leur beau-frère Alexandre Giraud. Ils tiendront jusqu’en 1946.
1946 — Georges Rajon, fils aîné de Maurice, s’installe avec Renée, sa jeune épouse.
1950 — Georges construit le Christina ; c’est alors son beau-frère Gaby Guiguet et son épouse Hélène qui exploitent Le Dôme l’hiver 1950-1951.
1951 — Madeleine, la plus jeune fille de Maurice Rajon, prend la suite avec son mari Maurice Bory. Ils exploitent aussi le téléski du Signal jusqu’en 1956.
1952 — Gérance à Madame Driay, sœur de Jean Le Boucher, jusqu’en 1956.
1956 — Construction à la même place d’un hôtel neuf de 27 chambres.
1962 — Extension d’une aile sur la partie nord.
Le Dôme d'aujourd'hui
1973 — Démolition le 1er mai et, dans l’été, construction du Dôme actuel, avec une ouverture le 22 décembre 1973. Création de l’architecte Jean Le Boucher. Le restaurant de l’hôtel, appelé « Le Grand Tétras », est alors au dernier étage.
1994 — Madeleine et Maurice Bory passent la main ; l’hôtel est alors tenu par deux des trois enfants, Patrick et Jacques.
1997 — Fermeture et transformation du Grand Tétras en appartements ; le restaurant s’installe alors au rez-de-chaussée, en lieu et place du snack « Le Denver ». C’est alors Jacques, épaulé par Lili, qui depuis ont le plaisir de vous recevoir, continuant l’aventure. Peut-être que leur fils Guillaume, né en 1996, deviendra lui aussi hôtelier.
Jacques Bory, août 2009